RAVIVER LA FLEMME
Ou l'art subtil de ne pas finir épuisé·e dans un monde qui accélère sans cesse
Ami Animacoopien,
Amie Animacoopienne,
Cher ami
Chère amie
Bienvenue sur le WIKI Raviver la flemme
Tu animes une communauté, un collectif ou tu participes à des projets coopératifs ? Tu as du mal à mobiliser les participant·es et te sens quelques fois seul·e au monde ? Tu es souvent débordé·e, dispersé·e, pris·e dans le flot de choses à faire avec l’impression que tout va trop vite, mais que rien n’avance vraiment ?
Bref : tu ne sais plus où tu en es -ni même qui tu es ?
Rassure-toi : tu n'es pas seul·e !
POURQUOI PARLER DE « FLEMME » AUJOURD'HUI ?
Nous vivons dans un monde d’accélération permanente, qui nous apprend très tôt à optimiser, compétiter, rentabiliser. Être efficace au travail, productif·ve même dans nos loisirs, ne rien louper et vivre à 200km/h… Un monde qui nous demande de ramer plus vite, plus fort, plus longtemps — sans jamais vraiment nous demander si la direction a du sens.
Le sociologue Hartmut Rosa parle d’accélération sociale : nos vies se remplissent toujours plus vite, sans que le temps ne s’étire. Les journées font toujours 24 heures, mais on tente d’y faire tenir plusieurs vies. Résultat : une sensation inconfortable de manquer de temps pour tout … y compris pour vivre.
Et au-dessus, comme une balise qui impose sa trajectoire au large, clignote une nouvelle norme : sois performant·e ! Le sociologue Alain Ehrenberg parle d’un culte de la performance, peuplé de personnes qui tiennent, réussissent et dépassent leurs limites. Sauf que dans la réalité, être “à fond” en permanence, s’est finir par se cramer. Lentement mais surement. Et quand ça déborde, c'est là qu'apparaissent fatigue, perte de sens, collectifs qui s’essoufflent et liens qui se tendent. Même les espaces censés proposer des alternatives finissent par reproduire cette logique d’épuisement…
ET SI LA « FLEMME » ETAIT UNE PISTE ?
Ici, on voit la flemme non comme une caricature de l’inaction, mais comme un refus lucide de l’emballement. Il ne s’agit pas de « ne rien faire par désintérêt », mais plutôt de réhabiliter le droit de ralentir, respirer et choisir. Sortir du tourbillon d’injonctions à faire toujours plus, toujours mieux et faire autrement.
Car derrière l’obsession à la productivité et la performance se cachent des coûts humains et écologiques dévastateurs. Raviver la flemme, c’est aussi une manière de refuser de nourrir une dynamique qui épuise tout, y compris nous.
Car derrière l’obsession à la productivité et la performance se cachent des coûts humains et écologiques dévastateurs. Raviver la flemme, c’est aussi une manière de refuser de nourrir une dynamique qui épuise tout, y compris nous.
UNE BOUSSOLE COLLECTIVE
Seul·e, on s’épuise. Mais collectivement, on peut transformer nos manières de naviguer.
Il ne s’agit pas de quitter le bateau, mais d’apprendre à lire les vagues : alterner effort et repos, accepter de ne pas être “à fond” tout le temps, co-construire en collectif des rythmes soutenables.
Ici, pas d’injonction à « bien faire la flemme » (on voit venir le piège !)
Mais un outil simple et ludique de prise de recul :
« Le baromètre de la flemme »
Une image pour essayer de situer où l’on est, seul·e ou en collectif :
- En train de boire la tasse après une forte vague ?
- Au bout du rouleau, emporté par un tsunami ?
- À flot mais en lutte constante pour tenir hors de l’eau ?
- En train de nager béat dans les eaux turquoise d'une quiétude infinie ?
- À surfer ensemble et à lire les vagues plutôt que les subir ?
Parce qu’au fond, la question est de trouver comment continuer à vivre, agir et faire ensemble sans s’épuiser.
Ici, la flemme devient une boussole.
Tu pourras parcourir le « baromètre de la flemme » et aussi trouver des ressources qui permettront au collectif de tenir bon la barre, de garder la tête hors de l'eau, voire de changer de cap, le tout à l'économie (oui, oui ...).
Alors attrape ta planche 🏄 (ou ton plaid, selon ton niveau de flemme),
et viens explorer avec nous les différentes vagues du collectif.
Bon vent ...