Définitions et notions
Collaborer
Travailler ensemble sur une tâche commune. Vise l'efficacité dans l'exécution d'une tâche. Peut se faire sans implication forte ni discussion des règles du jeu. On travaille avec les autres, mais chacun garde son objectifCoopérer
Agir ensemble dans un esprit de co-construction, avec une vision partagée et une répartition volontaire des rôles et responsabilités. Vise une transformation collective et l’intelligence partagée. Nécessite un cadre commun, de la confiance et une gouvernance partagée. On construit ensemble un objectif communImpliquer
En Français, le verbe "impliquer" n'a que 2 sens :1/ Engager : Ex Se trouver impliqué dans une affaire désagréable.
2/ Avoir pour conséquences : Ex un déjeuner chargé implique une digestion lourde
Utiliser impliquer en tant que "Faire participer" (Ex on a impliqué les citoyens dans la concertation) est un usage impropre.
Plus précisément, on "n'implique" pas une personne...
> soit on la mobilise (parfois avec des moyens contraignants : pression, force, contrat de travail)
> soit elle s'implique
Le rôle de l'animateur·rice est alors de travailler sur les conditions de l'implication de cette personne
Les postures de gestion d'un groupe
Animation : porte, lead le groupe, insuffle de l'énergie, structure, organise, motive.
Facilitation : sa place est au service du groupe, encourage, favorise l'intelligence collective, la créativité. Il est moins dans le contenu et dans la planification, il s'agit de créer les conditions d'implication du groupe. Il interroge, questionne, reformule, il régule la parole, l'énergie du groupe.
Médiation : lors d'un conflit, il a une posture de neutralité, écoute pleinement les deux parties. Traduis.
La coopération vise plutôt le rôle de facilitation.
Les différentes maturités du groupe
Groupe enfant : c'est avant tout l'animateur·rice qui prend les initiatives (on parle alors de "dictateur bienveillant"). Dans cette phase, le cri typique de l'animateur·rice est "C'est moi qui fait tout !"
Groupe adolescent : Au bout de quelques mois, certain·e·s cherchent alors à prendre des initiatives et cela se fait au début contre l'animateur·rice. Ils·elles adoptent alors un rôle de "leader négatif·ive". Cette période, parfois dure à vivre pour les groupes comme pour les humains, est fondamentale car elle ouvre la porte à l'appropriation du groupe par ses membres. Pendant cette période, il est difficile souvent pour l'animateur·rice de se justifier voire de protéger le groupe d'un·e leader négatif·ive qui en allant trop loin, met en péril le groupe. Dans cette phase, le cri typique de l'animateur·rice est "Ils·elles font n'importe quoi !"
Groupe adulte : suffisamment de membres se sont appropriés le groupe et sont même prêts à le défendre. Il ne sert à rien de griller les étapes, pour un groupe comme pour un humain, il faut passer par les différentes étapes. Vouloir constituer un groupe adulte de toutes pièces dès le départ pourrait s'appeler le "syndrome de Frankenstein". Dans cette phase, le cri typique de l'animateur·rice est "Mais à quoi je sers ?"
Groupe sénile : parfois, le groupe devient sénile. Il peut alors mourir mais peut-être a-t-il essaimé en donnant naissance ou en inspirant d'autres groupes, s'assurant ainsi une descendance.
Sources :
https://shs.cairn.info/le-travail-en-equipe--9782710139843-page-11
https://shs.cairn.info/revue-questions-de-management-2019-3-page-99?lang=fr
https://source.animacoop.net/?MaturiteDesGroupes